Comprendre la mort et la perte d'êtres chers



   Bien que l’homme ordinaire considère la mort avec frayeur et tristesse, ceux qui l’ont déjà connue savent qu’il s’agit d’une merveilleuse expérience de paix et de liberté.

   À la mort, vous oubliez toutes les limitations du corps physique et réalisez à quel point vous êtes libre. Les premiers instants sont teintés d’un sentiment de crainte : peur de l’inconnu, de quelque chose d’étranger à la conscience. Ensuite, survient une prise de conscience suprême : l’âme éprouve un joyeux sentiment de soulagement et de liberté. Vous savez alors que vous existez indépendamment du corps physique.

   Nous allons tous mourir un jour, il est donc vain de craindre la mort. Vous n’éprouvez aucune angoisse à l’idée de perdre la conscience de votre corps dans le sommeil ; vous acceptez le sommeil comme un état de liberté que vous anticipez avec plaisir. Telle est la mort : un état de repos, une retraite bien méritée après les efforts de cette vie. Il n’y a rien à craindre. Quand la mort se présente, moquez-vous d’elle. La mort n’est qu’une expérience dont vous devez tirer cette leçon suprême : vous ne pouvez pas mourir.

   Notre véritable soi – l’âme – est immortel. Nous pouvons sommeiller un certain temps dans ce changement appelé la mort, mais nous ne pouvons jamais être détruit. Nous existons et cette existence est éternelle. La vague déferle sur le rivage puis se retire dans la mer, mais elle n’est pas perdue : Elle s’unit à l’océan ou revient déferler sous la forme d’une autre vague. Ce corps est apparu et il disparaîtra ; mais l’essence de l’âme qui est en lui ne cessera jamais d’exister. Rien ne peut mettre fin à cette conscience éternelle.

   Comme l’a prouvé la science, même une particule de matière ou une onde d’énergie est indestructible ; il en est ainsi de l’âme, ou essence spirituelle de l’homme. La matière subit le changement ; l’âme subit des expériences changeantes. On appelle « mort » les changements radicaux, mais la mort – ou changement de forme – n’altère ni ne détruit l’essence spirituelle.

   Le corps n’est qu’un vêtement. Combien de fois avez-vous changé de vêtements dans cette vie sans pour autant dire que vous avez changé. De même, quand à la mort vous abandonnez ce vêtement charnel, vous ne changez pas. Vous êtes toujours le même, une âme immortelle, un enfant de Dieu.

   Le terme « mort » est une fausse appellation car la mort n’existe pas. Quand vous êtes fatigué de vivre, vous ôtez simplement votre manteau de chair et retournez dans le monde astral.

 
La Bhagavad Gita parle de l’immortalité de l’âme en ces termes magnifiques et réconfortants :
Jamais l'esprit n'a connu de naissance ; l'esprit ne cessera jamais d'être ;
Jamais il n'y a eu d'époque où il n'existait pas. Début et fin sont des rêves !
Sans naissance, sans mort, sans changement, à jamais demeure l'esprit ;
La mort ne le touche pas, même si sa résidence mortelle paraît être touchée.

   La mort n’est pas une fin, mais une émancipation temporaire prévue par le karma, ou loi de la justice, quand il détermine que votre corps et votre environnement actuels ont rempli leur fonction, ou bien que, las ou épuisé par la souffrance, vous ne pouvez continuer à porter le fardeau de l’existence physique. Pour ceux qui souffrent, la mort est la délivrance des intenses tortures de la chair les faisant accéder à la paix et au calme ; pour les gens âgés, c’est une retraite couronnant des années de lutte contre les difficultés de la vie, et pour tous, un repos bienvenu.

   Quand vous pensez que la mort est omniprésente en ce monde et que votre corps aussi devra être abandonné un jour, le plan de Dieu semble très cruel. Vous n’arrivez pas à croire que Dieu soit miséricordieux.

   Cependant, si vous regardez le processus de la mort avec les yeux de la sagesse, vous verrez qu’en définitive ce n’est qu’une pensée de Dieu nous faisant passer à travers le cauchemar du changement pour retrouver en Lui la liberté suprême. À la mort, le saint comme le pécheur reçoivent tous les deux un certain degré de liberté, en fonction de leur mérite. Au pays astral tissé des songes du Seigneur – terre d’accueil après la mort – les âmes jouissent d’une liberté jamais connue pendant leur vie sur terre. 
N’ayez donc pas pitié de celui qui franchit le seuil de la mort illusoire, car sous peu il sera libre. Quand il émerge de l’illusion, il voit que la mort n’était, après tout, pas si mauvaise. Il réalise que sa mortalité n’était qu’un rêve et se réjouit qu’à présent aucun feu ne peut le brûler ni aucune eau le noyer ; il est libre et à l’abri de tout danger.

   La conscience de celui qui meurt se trouve soudainement soulagée du poids du corps, du besoin de respirer et de toute douleur physique. L’âme éprouve alors la sensation de s’élever dans un tunnel de lumière diffuse, très douce et très paisible. Elle glisse ensuite dans un état de sommeil oublieux, infiniment plus profond et plus agréable que le plus profond des sommeils expérimentés dans le corps physique.

   […] L’état qui suit la mort est ressenti différemment par les gens selon leur mode de vie sur terre. La durée et la profondeur du sommeil varient en fonction des individus et il en est de même des expériences vécues après la mort. Par exemple, le bon ouvrier ayant travaillé dur dans l’usine de la vie sombrera un court instant dans un sommeil profond, paisible et inconscient. Puis il s’éveillera à la vie dans une certaine région du monde astral : « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. »

   Les âmes de la région astrale sont parées de légères gazes lumineuses. Elles ne s’emmitouflent pas dans un manteau de chair et d’os. Elles sont libres et ne portent aucune ossature, grêle ou forte, qui pourrait se heurter à d’autres solides et se briser. Il n’y a donc, dans le monde astral, aucun conflit entre le corps humain et les corps solides, les océans, les éclairs et la maladie. Il n’y a pas non plus d’accidents, car tout coexiste dans l’entraide et non dans l’antagonisme. Les différentes formes de vibrations fonctionnent dans une harmonie mutuelle. Toutes les forces vivent en paix et dans une entraide consciente. Les âmes, les rayons sur lesquels elles se déplacent et les rayons oranges qui les sustentent sont tous composés de lumière vivante. Les âmes vivent dans une conscience et une coopération mutuelles, respirant non pas de l’oxygène, mais la joie de l’Esprit.

   « Les amis des vies passées se reconnaissent facilement entre eux dans le monde astral, [disait Sri Yukteswar]. Se réjouissant de l’immortalité de l’amitié, ils ont conscience de la nature indestructible de l’amour souvent mise en doute au moment de la séparation triste et illusoire qu’est la mort terrestre. »

   Que la vie est radieuse après la mort ! Vous n’aurez plus à traîner toujours avec vous ce paquet d’os et de chair avec tous ses problèmes. Vous serez libre dans le paradis astral, libéré de toute limitation physique.

   À la mort d’un être cher, au lieu de vous apitoyer sur lui outre mesure, sachez qu’il est parti rejoindre un plan plus élevé selon la volonté de Dieu et que Dieu sait ce qui lui convient le mieux. Réjouissez-vous qu’il soit libre. Priez afin que votre amour et votre bienveillance soient pour lui des messages d’encouragement sur la voie de son progrès. Cette attitude est beaucoup plus utile. Il est de fait que nous ne serions pas humains si les êtres aimés ne nous manquaient pas ; mais même si nous souffrons de solitude à cause de leur absence, il ne faut pas laisser notre attachement égoïste les empêcher d’abandonner cette terre. Un chagrin extrême empêche les âmes qui ont quitté ce monde de progresser sur la voie de la sérénité et de la liberté.

   Pour envoyer vos pensées aux êtres aimés qui sont décédés, asseyez-vous silencieusement dans votre chambre et méditez sur Dieu. Quand vous ressentez en vous Sa paix, concentrez-vous profondément sur le Centre christique, le centre de la volonté entre les deux sourcils, et transmettez votre amour à ceux qui ont quitté ce monde.

   Visualisez au Centre christique la personne que vous souhaitez contacter. Transmettez à son âme vos vibrations d’amour, de force et de courage. 

   Si vous procédez ainsi sans relâche, et sans laisser faiblir l’intensité de l’intérêt que vous portez à l’être aimé, son âme recevra infailliblement vos vibrations. De telles pensées donnent à ceux que vous aimez un sentiment de bien-être, le sentiment d’être aimés. Ils ne vous ont pas davantage oublié que vous ne les avez oubliés.

   Envoyez vos pensées d’amour et de bienveillance aux êtres aimés aussi souvent que vous en éprouvez le besoin, tout au moins une fois par an, comme lors d’un anniversaire spécial. Dites-leur mentalement : « Nous nous retrouverons un jour et continuerons à développer l’amour et l’amitié que nous partageons en Dieu. » Si, dès maintenant, vous leur envoyez continuellement d’affectueuses pensées, vous les retrouverez certainement un jour. Vous saurez que cette vie n’est pas la fin, mais simplement un maillon de la chaîne éternelle qui vous lie à ceux que vous aimez.


Paramahansa Yogananda

 
Page 1     Comprendre la mort   André A. Bernier

Page 2     
Daphne Rose et Mikhaël   Daphne Rose Kingma et O. M. Aïvanhov

Page 3     
Selon Eckankar   anonyme

Page 4     
Ce qu'en pense Ernest   Ernest Tanguay

Page 5     
La mort nous fait signe à temps   Dr Max Bürger

Page 6     
Mourir   Placide Gaboury

Page 7     
La cryogénisation   Michel Marsolais

Page 8     
Le sommeil, image de la mort   Omraam Mikhaël Aïvanhov

Page 9     
Steve Jobs, son discours à Stanford en 2005   Steve Jobs

Page 10   
L'expérience de la mort   Dr Raymond Moody

Page 11   
Naissance de l'idée de réincarnation   anonyme

Page 12   
Le médecin devant la mort   Hubert Doucet

 
 



Créer un site
Créer un site