Naissance de l'idée de réincarnation



La préhistoire


   Nous n'avons aucun moyen de savoir si l'homme du paléolithique croyait ou non dans la transmigration de l'esprit après la mort, c'est-à-dire au passage de l'esprit dans une autre forme, que celle-ci soit végétale, animale ou humaine.

   Nous savons, par contre, que les rituels en liaison avec la mort sont apparus sur terre vers 80 000 ans avant Jésus-Christ, à la période de l'homme de Néandertal.

   Ce n'est toutefois que 40 000 ans plus tard, avec l'homme de Cro-Magnon, que ces rituels se compliqueront. Par les vestiges des nombreux enterrements découverts, les experts en ont déduit que la mort n'était pas considéré comme une finalité, mais bien comme une transformation, un passage dans un autre état.

   Les objets symboliques retrouvés dans les tombes paléolithiques laissent croire que « cet autre état » correspond à un domaine des morts et plus exactement un au-delà redoutable et dangereux. Mais ils n'apportent en aucun cas la preuve d'une croyance en la transmigration de l'esprit.

   On suppose que cette croyance n'apparut que bien plus tard, au néolithique, avec la naissance des religions primitives.



Les religions primitives


   La peur de la mort, la peur des morts et la plausible croyance en un au-delà menaçant avaient donné naissance, pendant le paléolithique, à des rituels magico-religieux.

   Avec le temps, ces rituels se transforment en véritables croyances propres à une tribu, un clan, une région. C'est en quelque sorte le berceau des premières religions primitives.

   Dans ces toutes premières religions, basées sur la peur, on déifie une Nature Vivante et Immortelle, sans cesse en mouvement.

   Conscient de sa dépendance totale face à la Nature, l'homme transforme en objet de culte l'Eau, une Montagne, un Rocher, une Plante, un Nuage, un Animal, etc.

   À la peur initiale s'ajoute le besoin d'amadouer les divinités, de les mettre de son côté, en leur offrant des sacrifices et des offrandes. Le besoin de protection et les requêtes se font de plus en plus nombreuses.

   Ainsi, on demande l'aide des dieux pour la chasse, pour les récoltes, pour la guerre et pour la fécondité. Les idoles apparaissent, de même que les amulettes et les fétiches. On gave, on peint, on sculpte des symboles, des animaux, des formes humaines. On utilise les parois des cavernes, les abris rocheux ; on emploie l'os, l'ivoire, la pierre, l'albâtre et probablement aussi le bois, bien que ce dernier ne soit pas parvenu jusqu'à nous.

   Féticheurs, sorciers. guérisseurs, jeteurs de bons et de mauvais sorts se multiplient. Leurs pouvoirs deviennent omniprésents dans la vie de ceux qui les entourent. Ce sont eux qui fixent les règles, qui déterminent « ce qui doit être fait » et « ce qui ne doit pas l'être ». Totems et tabous apparaissent.



Totems et tabous


   Le totem est un animal considéré comme l'ancêtre du clan ou de la tribu. Il est sacré et donc sujet à plusieurs devoirs et obligations. Il est tabou et donc sujet à des interdictions.

   Si, par exemple. le totem d'une tribu est le crocodile, cet animal sera respecté et vénéré par toute la tribu. On devra le nourrir, lui offrir des sacrifices et des offrandes. Il sera, bien entendu, interdit de lui faire le moindre mal.

   Si un crocodile est tué, malencontreusement par un membre de la tribu ou volontairement par un membre d'une autre tribu, d'un autre clan, dans les deux cas la faute sera considérée comme extrêmement grave. Le fautif aura droit à un châtiment exemplaire. Peut-être sera-t-il jeté aux crocodiles comme aliment.

   Cette sévérité est justifié par le fait que l'esprit de l'Ancêtre habite tous les crocodiles.

   Nous avons pris le crocodile comme exemple, mais il peut s'agir évidemment d'un autre animal (ours, tigre, aigle, etc.).



La transmigration


   La croyance aux totems — et donc à la transmigration de l'esprit de l'Ancêtre dans un corps animal — existe encore aujourd'hui, dans les sociètés primitives d'Afrique et d'Océanie.

   C'est d'ailleurs par l'étude de ces tribus vivant comme à la préhistoire que les ethnologues et les préhistoriens en ont déduit que la croyance en la transmigration datait du néolithique.

   Les indigènes de ces tributs croient à la mort, l'esprit du défunt, après un séjour dans le royaume des morts, revient habiter un autre corps.

   C'est la vie qu'aura menée le défunt qui justifiera sa transmigration dans un corps végétal, animal ou humain. S'il a bien respecté les totems et les tabous sa vie durant, il aura droit à une transmigration agréable, peut-être même deviendra-t-il à son tour totem.

   On constate ici que l'idée de châtiment et de récompense n'est pas inexistante dans les religions primitives et qu'elles est liée à la transmigration.



L'Afrique Noire


   Dans les sociétés demeurées primitives de l'Afrique Noire, l'individu ne jouit d'aucune liberté de pensée et d'action. Il doit se plier aux règles en vigueur dans sa tribu, un point c'est tout.

   Quant au défunt, on le craindra pendant tout son séjour dans le domaine des morts car on lui accorde le pouvoir d'exercer un rôle bénéfique ou maléfique sur les vivants.

   C'est certainement de cette crainte du défunt qu'est né le culte aux ancêtres. Dans les tribus où l'on professe ce culte, les règles de vie sont très strictes et les tabous nombreux. On devra surtout mourir en paix avec les ancêtres. Sinon, on peut s'attendre au pire.

   Pour ces peuples primitifs, la transmigration est un fait indiscutable. On y croit fermement. Si l'on a bien vécu, la prochaine vie sera agréable et facile. Si l'on ne s'est pas plié au culte des ancêtres et que l'on n'a pas bien observé les tabous propres à la tribu, la prochaine vie sera pénible. En d'autres mots, la vie future sera le résultat de la vie présente.



Conclusion


   Les siècles passeront. L'homme aura de plus en plus le temps de réfléchir. Aux multiples questions qu'il se pose sur ses propres origines et sur le but de la vie, sur la mort et l'après-mort, il trouvera des réponses. C'est le début de l'histoire et la naissance des premières formes de pensées philosophiques en Orient.


anonyme 


 
 
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Daphne Rose et Mikhaël   Daphne Rose Kingma et O. M. Aïvanhov

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Selon Eckankar   anonyme

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Ce qu'en pense Ernest   Ernest Tanguay

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La mort nous fait signe à temps   Dr Max Bürger

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Mourir   Placide Gaboury

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La cryogénisation   Michel Marsolais

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Le sommeil, image de la mort   Omraam Mikhaël Aïvanhov

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Steve Jobs, son discours à Stanford en 2005   Steve Jobs

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L'expérience de la mort   Dr Raymond Moody

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Le médecin devant la mort   Hubert Doucet

 

 


 



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