La maladie et la mort



   La façon étriquée dont nous voyons la mort ressemble sans doute à la façon un peu rétrécie dont nous voyons la maladie. Nous croyons que la maladie est quelque chose de purement physique et qu'une fois déclarée inguérissable, on en est la victime inconditionnelle. Les maladies déclarée inguérissables ont l'étrange habitude de finir par être, un jour, contrôlées. La tuberculose, la syphilis, la fièvre typhoïde, la malaria, la lèpre, la polio ont été finalement vaincues. Même le cancer qui est encore perçu comme une maladie qui peut être incurable, est souvent guéri et pas toujours par les moyens classiques.

   Le couple Simonton (Guérir envers et contre tout), le psychologue réputé Lawrence LeShan (Vous pouvez lutter pour votre vie), nous ont démontré avec Stanislav Grof, Norman Cousins (La volonté de guérir) et d'autres chercheurs, qui se sont guéris eux-mêmes de maladies soi-disant incurables, que, comme le disait le Dr Schweitzer, l'être humain a un médecin en lui, et que les gens vont voir les médecins officiels parce qu'ils ne le savent pas, mais que le rôle du médecin c'est de leur apprendre.

   Peut-être qu'il faudrait se demander jusqu'à quel point ce n'est pas l'individu qui se rend malade et que c'est lui aussi qui se guérit. Comme dit Simonton, lorsque les malades croient que seul un traitement médical peut les aider, mais que leurs médecins disent que la médecine ne peut plus les aider et qu'ils n'ont que quelques mois à vivre, ils se sentent condamnés, piégés, désemparés, impuissants, et réagissent habituellement selon les prévisions du médecin. Mais lorsque les patients se mobilisent et participent activement à leur rétablissement, il arrive qu'ils dépassent de beaucoup leur espérance de vie et modifient la qualité de leur vie, de façon statistiquement significative. Notons, en passant, qu'il y a déjà un cas de sida qui s'est guéri, il s'appelle William Calderon. Ce n'est bien sûr, qu'un cas. Mais peut-être faudrait-il regarder de plus près et voir si ce n'est pas là une semence d'espoir.

   La guérison ne se fait pas uniquement sur le plan médical. Elle se fait aussi dans l'esprit et le coeur du malade qui a décidé de guérir. Une personne qui a perdu le goût de vivre, qui ne s'aime pas, qui n'accepte pas son passé, qui se voit comme ratée, ne peut que tomber malade, car son esprit est déjà malade, il s'est affaissé, il a donné sa démission et le corps n'a qu'à suivre. Il y a une croyance, une intention, une volonté, un espoir, un courage même, qui fait fonctionner l'être au maximum de ses possibilités, et c'est cette énergie cachée, souvent négligée ou même ignorée, qui permet au corps de combattre la maladie.

   La vie pour moi a été et demeure une expérience de croissance, de construction, d'exploration et d'accroissement d'amour. J'ai passé ma vie à apprendre des leçons, à apprendre à changer. Ce qui m'a permis de faire cela, c'est quelque chose d'invisible et de profond en moi, une force, une direction intérieure. J'ai été guidé du dedans. C'est par le cœur, par la conscience, par l'esprit que l'on peut vaincre et surnager. C'est l'esprit qui est invincible, sûrement pas le corps. Car un corps laissé à lui-même s'appelle un cadavre.

   Les homosexuels atteints du sida (ils ne sont pas les seuls à être atteints évidemment) se croient coupables et punis. Ils croient qu'ils ont mal agi, alors que ce qu'ils ont fait c'était d'aimer. Ces gens ont été des amoureux. Combien peu de personnes sur terre arrivent même à aimer alors qu'eux ont ce privilège. Au lieu de se sentir coupables et d'avoir peur, ils devraient reconnaître qu'ils ont aimé.

   Ce ne sont pas ceux qui aiment mais ceux qui n'aiment pas qui jugent ces gens. Car en cette vie il y a, selon moi, deux sortes d'humains : ceux qui s'aiment et ceux qui ne s'aiment pas ; ceux qui aiment et ceux qui ne se permettent pas d'aimer. Toute autre distinction m'apparaît superflue.

   Quand on n'aime pas, on ne comprend pas ceux qui aiment et on interprète toujours de travers leurs actions et attitudes. Mais ceux qui aiment se reconnaissent. La pire maladie c'est de ne pas aimer.

   Nous sommes venus sur terre pour apprendre à aimer. La personne qui aime sait tout ce qu'il faut savoir. Elle est complète et achevée. C'est elle qui peut nous apprendre à vivre et à mourir.

   L'amour, dit la Bible, est plus fort que la mort. L'amour, la confiance, la foi en la vie, l'espoir dans les possibilités cachées de notre être, peuvent faire en sorte que la mort soit vaincue, que la maladie disparaisse. Mais pour pouvoir aider un malade à retrouver l'espoir, la confiance et la foi en la vie, il faut soi-même avoir ces qualités et en vivre. Ce ne sont pas les médicaments, la compétence médicale ni même les paroles gentilles qui transmettront cela, c'est la capacité d'être soi-même confiant, c'est de vivre à un niveau plus profond en nous, là où la vie, l'amour, la joie, la paix et la lumière ne se perdent plus.

   Il nous faut trouver l'endroit en nous où l'amour est plus fort que la mort. Alors seulement pourrons-nous vraiment guérir les cœurs autant que les corps.

  
source : Messages pour le vrai monde, par Placide Gaboury
 

 
Page 1     Comprendre la mort   André A. Bernier

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Daphne Rose et Mikhaël   Daphne Rose Kingma et O. M. Aïvanhov

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Selon Eckankar   anonyme

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Ce qu'en pense Ernest   Ernest Tanguay

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La mort nous fait signe à temps   Dr Max Bürger

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Mourir   Placide Gaboury

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La cryogénisation   Michel Marsolais

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Le sommeil, image de la mort   Omraam Mikhaël Aïvanhov

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Steve Jobs, son discours à Stanford en 2005   Steve Jobs

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L'expérience de la mort   Dr Raymond Moody

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Naissance de l'idée de réincarnation   anonyme

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Le médecin devant la mort   Hubert Doucet

 
 


 
 

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