La mort n'est plus ce qu'elle était



   Le christianisme a fait de la mort une chose terrible. Saint-Paul affirmait que la mort était le salaire de nos péchés et que c'était aussi le dernier ennemi à vaincre. Mais dans aucune autre tradition spirituelle on ne perçoit la mort comme un mal, surtout pas comme le pire mal, le dernier ennemi. Il est entendu que ce qui commence doit s'arrêter, que ce qui est composé doit un jour se décomposer, voilà tout. Marc Aurèle, le sage romain, disait que celui qui a peur de la mort est un enfant, car la mort est chose naturelle. Et le doux et pur François l'appelait notre soeur.

   La mort n'est pas une erreur dans le plan divin, et les humains sont tous morts du début à nos jours ! Car si par hypothèse les premiers humains par leur pureté avaient échappé à cette supposée malédiction, ils seraient encore vivants aujourd'hui. Mais évidemment, ce n'est ni une faille dans le plan d'ensemble, ni un malheur, ni une punition, encore moins une stratégie.

   Le christianisme s'est servi de la crédulité de ses ouailles et d'un chantage grossier pour faire peur aux gens et les maintenir en tutelle. La mort était un terrain de choix (après le sexe). On leur disait qu'ils seraient jugés, et sévèrement, que la moindre erreur serait comptée et qu s'ils étaient trop confiants dans leur vertu (péché de présomption), ils basculeraient en enfer aussi vite. Ils étaient menacés de toutes parts. On se souvient du catéchisme illustré et de la terreur qu'il inspirait à nos cœurs d'enfants. Il y a certaines images qui restent longtemps.

   Les pions et prédicateurs chrétiens affirmaient aussi que personne n'était revenu de l'autre côté pour nous en parler. Et s'ils en avaient des nouvelles, bien sûr qu'ils se gardaient bien de les révéler, ce qui leur fournissait un autre outil de propagande et de contrôle. Mais il y a toujours eu contact avec l'autre côté, et ce n'est qu'aujourd'hui que l'on a moins peur d'en parler. On nous a même fait croire que le contact avec les morts était mauvais et condamné par les écritures. Mais le jour où Jésus, devenu resplendissant comme la neige au soleil, se transfigure devant ses trois disciples, et qu'il parle avec Moïse et Élie — qui sont bel et bien mort — il sanctionne tout contact avec l'au-delà du physique.

   Depuis 1960, le tabou de la mort a cédé la place à la curiosité, à la recherche et surtout à la cueillette d'un nombre croissant de témoignages touchant la transition et l'au-delà. C'est tout d'bord l'Écossais Robert Crookall, géologue devenu ésotériste qui, à la fin de sa carrière, applique son esprit judicieux à l'analyse de centaines de lettres de personnes décrivant leur voyage astral, leur expérience de la mort, les apparitions de personnes défuntes, la communication avec l'au-delà. Camille Flammarion et Allan Kardec avaient déjà déblayé le terrain, mais pas avec le même détail et la même rigueur. Tous ces gens en parlaient, alors que la littérature sur le sujet était encore rare. Ce n'est que quelques années plus tard que la psychiatre Élisabeth Kübler-Ross s'est mise à explorer le domaine de la mort, quelque temps après que Crookall eut publié ses dizaines de livres sur la question.

   Kübler-Ross apportait un élément nouveau : elle nous faisait connaître les étapes psychologiques du malade mortellement atteint : La surprise, le refus, le compromis et enfin l'acceptation de la mort. La transition était en fait la plus belle expérience en cette vie. C'était plutôt la naissance qui était pénible, avec les bruits, les lumières crues, l'arrachement à la mère et surtout les manipulations pénibles de la part des médecins. Mais la mort elle-même était douce, bienheureuse et paisible. Quelle nouvelle étonnante ! Et cependant elle n'a pas fait les manchettes — parce qu'on n'y croyait pas, parce qu'on ne voulait pas y croire, parce qu'on ne voulait pas changer son optique négative qui voit le vieillissement et la mort comme des déchéances et des défaites. (Même les médecins impriment chez leurs malades le sentiment que la mort est une défaite, car leur supériorité est menacée par elle).

   D'autres savants comme les Scandinaves Osis et Haraldsson ont publié un livre Au Seuil de la Mort qui présente des milliers de cas de mourants qui reçoivent la visite de l'au-delà — parents, époux, enfants. Ces travaux ont été faits à la fois en Inde et aux USA afin d'éviter le préjugé culturel, en prenant soin d'éliminer ceux qui étaient sous l'effet des drogues. Les visiteurs ne viennent pas par simple courtoisie mais dans un but précis: annoncer que le temps est arrivé. Ceux qui voient ces visiteurs sont heureux de partir. Le décès suit les visites, immanquablement. Le départ a lieu entre dix minutes et une semaine après la visite. Ceux qui partent sont accueillis par ceux qui les aiment, tout comme ils l'étaient en arrivant sur terre. Ainsi le cycle s'accomplit dans la bonté, la compréhension et la paix. L'harmonie de l'ensemble prévoit pour chacun ce qu'il lui faut lorsqu'il quitte. Il n'y a pas d'orphelins dans l'univers.

   Ceux qui craignent de ne jamais revoir leurs bien-aimés retireront un grand profit et une grande consolation de ce livre.


source : Messages pour le vrai monde, par Placide Gaboury


 
Page 1     Comprendre la mort   André A. Bernier

Page 2     
Daphne Rose et Mikhaël   Daphne Rose Kingma et O. M. Aïvanhov

Page 3     
Selon Eckankar   anonyme

Page 4     
Ce qu'en pense Ernest   Ernest Tanguay

Page 5     
La mort nous fait signe à temps   Dr Max Bürger

Page 6     
Mourir   Placide Gaboury

Page 7     
La cryogénisation   Michel Marsolais

Page 8     
Le sommeil, image de la mort   Omraam Mikhaël Aïvanhov

Page 9     
Steve Jobs, son discours à Stanford en 2005   Steve Jobs

Page 10   
L'expérience de la mort   Dr Raymond Moody

Page 11   
Naissance de l'idée de réincarnation   anonyme

Page 12   
Le médecin devant la mort   Hubert Doucet

 

 


 
 

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