Après la mort, quoi ?


 
   Les travaux de Crookall, Moody, Kenneth Ring, des centaines de médiums, des millions de personnes ayant expérimenté le voyage astral et la mort clinique (d'où l'on revient après une expérience consciente de l'au-delà) nous ont appris que le défunt traversait certaines étapes dans son avancée vers la lumière.

   Au XIX e siècle, on pensait que la mort avait lieu quand le coeur cessait de battre. On s'est ravisé et c'est désormais l'arrêt des ondes cérébrales qui détermine le moment de la mort. Mais les médecins, lorsqu'ils auront un jour atteint une connaissance plus profonde, devront admettre que la mort a lieu lorsque le fil d'argent est coupé. Les morts cliniques indiquent en effet que le patient quitte son corps pour plusieurs minutes pendant lesquelles cessent les ondes cérébrales. Normalement, au retour, son cerveau devrait être irrémédiablement lésé, mais cela n'est pas le cas : il n'a jamais été aussi vif, clair et ouvert.

   Le fil ou cordon d'argent est une expression classique. Il s'agit de l'énergie qui maintient en vie le corps physique pendant que le corps astral (émotion, pensée, volonté) entreprend un voyage astral.

   Lorsque l'on quitte ainsi le corps physique — cela se fait chaque nuit pendant le sommeil profond, non pas obligatoirement en rêve, le corps physique est maintenu en vie par le corps astral qui est relié au physique par un fil ténu d'énergie appelé fil d'argent. (On en retrouve l'expression dans l'Ecclésiaste au chapitre 12, verset 6.)

   Lorsque le fil est coupé, c'est la transition de l'état terrestre à l'état astral (qui n'est pas un lieu). C'est un peu comme un oeuf dont on écarte la coquille pour retenir l'essentiel — le blanc et le jaune, qui sont l'émotion et la conscience.

   Avant que cette énergie vitale qui anime le corps ne se retire à jamais, la conscience voit rapidement défiler le film de sa vie mais sans aucune émotion. Une fois la traversée faite, le corps astral se repose, enveloppé de cette énergie vitale qu'il a retirée du corps maintenant défunt.

   Cet espace de repos est appelé l'Hadès chez les Grecs, et le Schéol chez les Hébreux. Il s'agit d'une conscience obnubilée, obscurcie, brumeuse. En fait, les images de cet état évoquent un paysage froid où les formes sont confuses.

   Aussi longtemps que l'énergie vitale entoure le corps astral, il est dans une conscience diminuée. C'est ainsi également sur cette terre: la rançon d'une vie dans un corps physique, c'est une conscience diminuée. Dès qu'on quitte le corps (comme l'ont si bien noté ceux qui ont fait un voyage astral), la conscience devient claire et expérimente une sorte d'explosion (c'est le cas aussi pour l'émotion). C'est le terrain propre de l'astral.

   En entrant dans l'astral, on va de l'obscurité (tunnel) à la lumière, à mesure qu'on se dépouille de l'énergie terrestre (et tout ce que cela comprend : attachements, désirs, liens émotifs). Au moment d'entrer dans la lumière on revoit sa vie en pleine lucidité, avec émotion cette fois. C'est le moment le plus pénible qui soit, car on perçoit clairement tout ce qu'on a omis de faire, ce qu'on aurait pu faire mieux, ce qu'on n'a pas voulu faire, ce qu'on a mal fait. Tout cela du point de vue de ceux qu'on a blessés. Si on accepte le bilan de sa vie, on est libéré, sinon, on reste figé dans une pose de refus.

   Le refus de soi-même jusqu'au bout, la haine de soi, la colère contre ce que l'on est et ce que l'on a été est un état infernal. C'est cela l'enfer : l'absence complète d'amour. C'est un lieu nullement physique mais mental. Tout comme existe un lieu mental où se trouvent tous ceux qui aiment, qui oeuvrent pour la paix, qui pensent aux autres, etc. Même si on est séparé par un océan, on peut être dans un même lieu mental, un état du cœur, comme le savent les amoureux. Et bien, ce lieu mental peut aussi être négatif.

   Le livre des morts tibétain nous apprend que toutes les images de dieux et de démons qui nous retiennent dans leur fascination ou leur terreur ne peuvent nous toucher si nous savons qu'ils ne sont que la projection de notre esprit. Ceux qui sur terre ont appris à se connaître ne sont pas pris dans le piège de leurs illusions. Mais ceux qui n'ont pas réfléchi, n'ont pas pensé à la mort, ou qui ont refusé de croire à l'au-delà, se ménagent de grandes et désagréables surprises. Ils ont refusé de regarder en face la lumière disent les Tibétains, et vont donc retourner lentement vers la reprise d'un corps (réincarnation), puisqu'ils ne veulent pas quitter les oeillères qu'ils portaient en cette vie.

   Mais si l'on est normalement névrosé, normalement bienveillant, normalement fidèle aux lois de la vie, on se retrouve, après un temps de repos, dans l'astral, qui n'est cependant pas le Ciel spirituel où on rencontre le divin. Thomas Merton, en commentant la scène du Bon Larron, dit que Jésus n'a pas promis le Ciel à son pénitent, mais il lui a simplement dit « aujourd'hui tu seras avec moi dans l'astral », car le paradis (paradais en persan veut dire jardin), c'est un jardin de lumière où tout est beau, où les êtres sont lumineux et pleins d'amour, où on ne souffre pas, mais où on peut voir immédiatement réaliser ce à quoi l'on pense et ce que l'on désire.

   Et c'est justement la limite de l'astral : c'est une projection de notre pensée-émotion, comme en rêve. Aussi longtemps qu'on est emprisonné dans ses émotions, on vit dans l'astral. La libération consiste à vivre au niveau du Cœur, non plus dans sa pensée ou ses émotions.

   L'amour n'est pas accompli en nous. La conscience profonde qui nous habite peut déterminer ce qu'il nous faut pour atteindre notre libération. Elle peut décider du genre de situation qu'il nous faudra retrouver sur terre pour achever notre évolution. C'est la réincarnation. Ce n'est pas notre petite raison qui décide de ces choses, mais notre conscience profonde, notre Coeur, et c'est pourquoi, lorsque nous entrons en scène en cette vie, nous ne comprenons pas ce qui se passe, nous ne savons où nous allons. Mais nous pouvons l'apprendre dans la mesure où nous ne cherchons pas à comprendre avec la tête mais avec le cœur.


source : Messages pour le monde ordinaire, par Placide Gaboury



 
Page 1     Comprendre la mort   André A. Bernier

Page 2     
Daphne Rose et Mikhaël   Daphne Rose Kingma et O. M. Aïvanhov

Page 3     
Selon Eckankar   anonyme

Page 4     
Ce qu'en pense Ernest   Ernest Tanguay

Page 5     
La mort nous fait signe à temps   Dr Max Bürger

Page 6     
Mourir   Placide Gaboury

Page 7     
La cryogénisation   Michel Marsolais

Page 8     
Le sommeil, image de la mort   Omraam Mikhaël Aïvanhov

Page 9     
Steve Jobs, son discours à Stanford en 2005   Steve Jobs

Page 10   
L'expérience de la mort   Dr Raymond Moody

Page 11   
Naissance de l'idée de réincarnation   anonyme

Page 12   
Le médecin devant la mort   Hubert Doucet

 

 


 

 
 22 

 



Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement